Ta voix
etait un encensoir qui repandait d'etranges parfums, et quand je te
regardais j'entendais une musique etrange! Ah! pourquoi ne m'as-tu pas
regardee, Iokanaan? Derriere tes mains et tes blasphemes tu as cache ton
visage. Tu as mis sur tes yeux le bandeau de celui qui veut voir son
Dieu. Eh bien, tu l'as vu, ton Dieu, Iokanaan, mais moi, moi . . . tu ne
m'as jamais vue. Si tu m'avais vue, tu m'aurais aimee. Moi, je t'ai vu,
Iokanaan, et je t'ai aime. Oh! comme je t'ai aime. Je t'aime encore,
Iokanaan. Je n'aime que toi . . . J'ai soif de ta beaute. J'ai faim de
ton corps. Et ni le vin, ni les fruits ne peuvent apaiser mon desir. Que
ferai-je, Iokanaan, maintenant? Ni les fleuves ni les grandes eaux, ne
pourraient eteindre ma passion. J'etais une Princesse, tu m'as
dedaignee. J'etais une vierge, tu m'as defloree. J'etais chaste, tu as
rempli mes veines de feu . . . Ah! Ah! pourquoi ne m'as-tu pas regardee,
Iokanaan? Si tu m'avais regardee tu m'aurais aimee. Je sais bien que tu
m'aurais aimee, et le mystere de l'amour est plus grand que le mystere de
la mort.
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